Bonjour. C’est Maxime Courtoison. Bienvenue sur le podcast “La Dent Bleue, l’histoire des vikings”. Épisode 18 : “Campaniforme : peuple, culture… ou les deux ?“. Ce podcast est un voyage dans le temps pour explorer l’histoire des vikings. Cette émission est chronologique et vous la comprendrez mieux en écoutant les épisodes dans l’ordre, à partir du premier. Nous commençons notre histoire bien avant la période viking, afin de comprendre les mécanismes et événements qui ont fait prendre la mer à des milliers de Scandinaves en soif de richesses et de prestige.
Entre -2 850 et -2 800, des groupes d’Indo-Européens de la culture de la céramique cordée ont migré depuis l’Europe centrale vers la Scandinavie. En s’y installant, ils ont adopté de nouvelles habitudes et on a vu l’émergence de deux adaptations locales de la culture de la céramique cordée. La culture des tombes individuelles dans l’actuel Danemark et la culture des haches de batailles au sud de la Suède et de la Norvège.
Cette arrivée ne s’est pas faite sans dégât. La population indo-européenne est violente et belliqueuse et elle glorifie sa caste de guerrier. Les autochtones, pêcheurs-cueilleurs comme fermiers, ne sont eux-mêmes pas des tendres. L’arrivée de ces nouveaux voisins agressifs a poussé tout le monde vers une course à l’armement : hache de bataille, flèches de guerre, enceintes à palissades… La tension a monté d’un cran en Scandinavie avec l’arrivée des Indo-Européens.
Dans l’épisode précédent, nous avons parlé en long et en large de la violence entre les Indo-Européens et les deux autres populations. Mais attention, n’allez pas croire que tout n’était que violence entre eux. Intéressons-nous maintenant à la cohabitation et à la collaboration entre ces différents groupes. À leurs échanges qui étaient riches et complexes et qui donneront naissance, dans quelques épisodes, à l’Âge du bronze nordique.
Cohabitation des populations scandinaves au Néolithique Moyen
L’arrivée des Indo-Européens en Scandinavie, vers -2800 marque un changement culturel très important pour la région. Les éleveurs amènent avec eux des traditions, des mythes, une langue et une économie spécifique, bref une culture qui va devenir progressivement majoritaire dans le sud de la Scandinavie. Comme en Europe centrale, c’est à la fois par la démographie et l’adoption que cette culture va s’imposer. La domination démographique se lit dans la génétique des populations sud-scandinaves de l’époque, qui tirent 90 % de leurs origines des éleveurs indo-européens, après l’arrivée de ces derniers. (Allentoft, Sikora, Fischer, et al., 2024; Malmström et al., 2019)
La domination culturelle, elle, avait des prémices quelques siècles plus tôt. Car régionalement, la culture de nos éleveurs avait déjà été adoptée par des groupes de fermiers. Un exemple est particulièrement intéressant dans le nord-ouest du Jutland, la péninsule danoise. Parmi les différences culturelles importantes entre les fermiers scandinaves et les nouveaux-arrivants indo-européens, il y a la façon d’enterrer leur mort. Les fermiers enterrent collectivement sous des mégalithes construits en communauté tandis que les Indo-Européens enterrent individuellement leurs morts. On interprète cette différence comme une opposition collectivisme versus individualisme. Eh bien dans le nord-ouest du Jutland, les fermiers de la période vases à entonnoir brouillent les pistes.
Entre -3 100 et -2 800, donc avant l’arrivée des Indo-Européens en Scandinavie, ils commencent à construire un nouveau type de tombe monumentale. (Iversen, 2019, p. 82‑83) Tout d’abord, au sol, on creuse un grand trou dans lequel on dépose le mort. Puis quelques pas plus loin, on creuse deux fosses ovales parallèles. On recouvre le tout de grosses pierres, et le tour est joué ! Ce nouveau style de tombe développé par les fermiers sur les derniers siècles avant l’arrivée des Indo-Européens rompt avec la tradition de l’enterrement collectif. Les archéologues interprètent ces tombes comme la représentation symbolique d’un chariot. Le grand trou dans lequel se situe le défunt représenterait le véhicule et les deux fosses dans le prolongement représenteraient l’attelage de bœufs. On a d’ailleurs retrouvé des dents de bovins dans plusieurs de ces tombes, ce qui corrobore cette théorie.
Mais d’où ces fermiers ont-ils sorti cette idée, qui contraste avec leur tradition ancestrale toujours appliquée dans les autres régions du sud de la Scandinavie ? Eh bien, comme toutes les idées, elles ne sont pas inventées à partir de rien. Elles circulent et s’adaptent au gré des contacts humains. Si ces tombes du Jutland représentent bien un chariot tiré par des bœufs, elles ont probablement été inspirées d’une tradition répandue à la fois dans la culture des amphores globulaires, culture fermière d’Europe de l’Est et également… chez nos Yamnayas qui commencent à cette époque leur grande migration depuis la steppe pontique.
Dans cette petite zone géographique qu’est le nord-ouest du Jutland, l’arrivée des Indo-Européens vers -2 800 n’amène donc pas une transition soudaine de l’enterrement collectif à la tombe individuelle, car l’individu était en fait déjà mis en valeur dans ces tombes par empilement de pierre depuis trois siècles. La culture indo-européenne avait donc déjà commencé à infuser dans le sud de la Scandinavie. D’après l’archéologue Rune Iversen, ces échanges préalables ont facilité l’acceptation par les fermiers scandinaves de cette nouvelle culture dominante et de la nouvelle langue dominante qui allait avec.
Les échanges vont également dans l’autre direction, car on constate que certaines pratiques des fermiers scandinaves sont adoptées par les nouveaux arrivants, par exemple la forme des haches de bataille ou le fait de sacrifier ces haches dans des tourbières. Les dolmens également, car dans un premier temps, les Indo-Européens utilisent ces constructions mégalithiques existantes pour y déposer leurs morts.
Très rapidement, la culture indo-européenne devient majoritaire dans le tiers sud de la Scandinavie. Cependant, des îles résistent encore et toujours à l’envahisseur [effet sonore du générique d’Astérix] Dans les îles de l’est du Danemark, comme le Sjaelland, la culture des vases à entonnoir persiste plus longtemps. (Iversen & Kroonen, 2017; Kristiansen et al., 2017) Ce ne sont que deux siècles plus tard, vers -2 600, que des éléments indo-européens commencent à faire, petit à petit, leur apparition dans la région. Quelques gobelets, des tombes individuelles. On est encore loin du bouleversement culturel des autres régions.
Mais le sud de la Scandinavie, rappelez-vous, ce n’étaient pas que les fermiers, c’étaient aussi les pêcheurs-cueilleurs de la culture de la céramique perforée. Et la relation entre ces derniers et les nouveaux arrivants indo-européens est assez mal comprise par les historiens. (Douglas Price, 2015, p. 165) Par les généticiens aussi d’ailleurs, car ils n’arrivent pas à déterminer clairement si les pêcheurs-cueilleurs ont pu contribuer génétiquement aux populations qui ont suivies. Mais si ça a été le cas, ce n’a été qu’une faible contribution et potentiellement, uniquement via l’héritage des fermiers qui pratiquaient un peu le mariage inter-communautés avec les pêcheurs-cueilleurs. (Iversen, 2019; Malmström et al., 2019)
Pour mieux comprendre la relation entre les pêcheurs-cueilleurs et les nouveaux arrivants indo-européens, le théâtre privilégié est l’île de Gotland, la grande île de la mer baltique. Comme nous l’avions découvert dans l’épisode 7 « Les irréductibles chasseurs-cueilleurs », l’île de Gotland a été habité vers -4 000 par les fermiers de la culture des vases à entonnoir, qui y ont amené plus tard la tradition des mégalithes pour y enterrer collectivement leurs morts. Puis vers -3 300, des groupes de chasseurs de phoques de la culture de la céramique perforée ont débarqué et se sont installés sur les côtes de l’île. Eux enterrent leurs morts dans des tombes plates et individuelles, en position couchée.
Pendant leurs trois siècles de cohabitation, les deux populations se sont peu mélangées génétiquement, il y a donc eu quelques mariages entre ces groupes distincts, mais assez peu. Cependant, ces groupes ont échangés culturellement et économiquement. Grâce à leur aisance en navigation, les pêcheurs-cueilleurs jouaient probablement le rôle d’intermédiaire dans la route du silex pour amener cette précieuse ressource du Danemark ou de Scanie vers l’île de Gotland, dans la mer Baltique. (Fischer et al., 2024; Iversen et al., 2021)
Puis vient l’arrivée des éleveurs indo-européens en Scandinavie vers -2 800. En Suède, leur culture se nomme la culture des haches de bataille, marquée évidemment par de nombreuses… haches de bataille. Contrairement à leurs voisins indo-européens du Danemark qui enterrent leurs morts sous des monts-funéraires, en Suède on enterre dans des tombes plates, individuelles, dans une position latérale et recroquevillée. Une sorte de position fœtale.
Après l’arrivée des Indo-Européens en Scandinavie, on voit apparaître des nouveautés sur l’île de Gotland : des morts sont enterrés en position latérale et ils sont parfois accompagnés de haches de bataille. Des céramiques cordées apparaissent également sur l’île, caractéristique de ces cultures indo-européennes d’Europe centrale et du Nord. Alors, adoption culturelle par les pêcheurs-cueilleurs ou remplacement de population ? Vous avez l’habitude de ce genre de débat, typique de La Dent Bleue. Et vous avez aussi l’habitude de ce qui nous permet d’y répondre : la génétique, évidemment. Mais vous avez souvent l’habitude que la réponse soit le remplacement de population. Mais ici, « C’est non ! » [Julien Lepers] L’ADN de 25 individus gotlandais de cette époque a été séquencé : 14 enterrés de façon typique des pêcheurs-cueilleurs, 11 enterrés avec des influences indo-européennes. Et le constat est sans appel : génétiquement, ces 25 individus n’ont aucune origine des steppes. Leur ADN est typique de la culture de la céramique perforée : principalement chasseurs-cueilleurs scandinaves, avec un peu d’origine des fermiers scandinaves. (Coutinho et al., 2020)
Les pêcheurs-cueilleurs ont donc adopté par eux-mêmes ces éléments de la culture indo-européenne. On peut comprendre le fait d’adopter certains objets, comme les haches de bataille ou des bijoux d’ambre, lors d’échanges commerciaux. Mais ce qui m’étonne particulièrement, c’est le fait que certains aient changé leur rituel funéraire, en passant de la position couchée à la position latérale. « C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup » (France Gall) Car les rituels funéraires font partie des éléments les plus ancrés dans une société. Chez nous, l’enterrement se fait en position couchée, bien habillé, dans un cercueil, dans une tombe, sous un marbre. Des pratiques alternatives existent bien, certes. Mais l’enterrement a sa tradition, son rituel. Le fait qu’une part importante de la population de cette île ait décidé de modifier son rituel ancestral par celui d’une population voisine qui ne s’est pas mêlée démographiquement à eux, cela veut forcément dire quelque chose.
Pour moi, ça prouve ce que l’on voit depuis plusieurs épisodes. Certes, les Indo-Européens se sont imposés par la démographie et en partie par la violence. Mais il y avait des choses dans leur culture qui attiraient les populations locales. Qui faisaient que ces dernières souhaitaient les imiter, souhaitaient en faire partie.
Dans une étude sur Gotland, des archéologues émettaient l’hypothèse qu’au sein de l’île, certaines communautés de pêcheurs-cueilleurs avaient voulu se distinguer des autres en adoptant des éléments de la culture des haches de bataille. (Coutinho et al., 2020) C’est possible que ça ait pu jouer un rôle.
Je vais vous partager mon hypothèse. Je pense que le moteur principal de cette adoption culturelle est la fascination générée par la culture indo-européenne. Par sa structure sociale, ses mythes, ses chefs, ses rituels. Et si cette culture fascine, c’est également parce qu’elle est rapidement devenue puissante et dominante. Ce type de domination peut facilement impressionner et donner envie, collectivement, de faire partie de cette nouvelle culture.
Pour comprendre ce phénomène, il n’y a pas besoin de remonter bien loin. Depuis la seconde moitié du XXème siècle, la culture des Etats-Unis d’Amérique a déferlé sur l’Europe. On l’aime ou la déteste, mais on ne peut pas l’ignorer tant elle s’est immiscée partout. Au Gotland, au troisième millénaire avant l’ère commune, certains ont donc adopté des traits culturels indo-européens jusque dans leur dernière demeure, trace de cette fascination pour leurs nouveaux voisins.
Chronologie de la domination indo-européenne en Scandinavie
L’arrivée et l’installation des Indo-Européens en Scandinavie n’est donc pas qu’une histoire de violence. Certes, il y a eu des épisodes de violences documentés, comme on en a longuement parlé lors de l’épisode précédent. Mais il y a également eu des échanges culturels variés entre nos trois populations scandinaves. La culture indo-européenne a infusé progressivement chez les fermiers et les pêcheurs-cueilleurs. Et réciproquement, la culture des fermiers a été partiellement adoptée par les nouveaux-venus indo-européens. Mais petit à petit, comme vous le savez, ce sont les Indo-Européens qui vont dominer démographiquement, culturellement et linguistiquement la Scandinavie.
Pour comprendre comment cela s’est déroulé, reprenons la chronologie des événements. Vers -3 000, le tiers sud de la Scandinavie est occupé par deux cultures : dans les terres, principalement les fermiers ; sur les côtes, principalement les pêcheurs-cueilleurs. Après des phases de croissances, ces populations sont sur le déclin à cette époque. Ce déclin se ressent sur l’environnement et on observe une reforestation massive en Scandinavie et en Europe centrale. (Allentoft, Sikora, Fischer, et al., 2024)
Ce déclin des fermiers néolithique est probablement multifactoriel et n’est pas spécifique à la Scandinavie, on en a déjà parlé longuement dans des épisodes précédents. Mais je voudrais m’attarder sur l’une des causes possibles de ce déclin : la peste. Une étude de 2019 menée par Nicolás Rascovan s’est attardée sur un cimetière néolithique en Suède, appartenant à la culture des vases à entonnoir (Rascovan et al., 2019). 78 individus y sont enterrés sur une période de 200 ans allant de -3 100 à -2 900, un siècle avant l’arrivée des Indo-Européens. Cette forte concentration de défunts dans un même cimetière, à une époque où l’on vivait dans des fermes isolées a amené l’équipe de chercheurs à s’interroger sur la possibilité d’une épidémie. En réanalysant l’ADN déjà décodé de ces individus, ils ont découvert sans l’ombre d’un doute la présence de la bactérie Yersinia Pestis, à l’origine de la peste. Cette découverte fait de la Suède le premier foyer connu de la peste dans le monde et a forcé une réévaluation de l’origine de cette infestation. Il est possible que la peste ait fait des ravages au sein des communautés de fermiers scandinaves. Ceux-ci vivaient pourtant assez éloignés les uns des autres, ce qui ne favorise pas la diffusion d’une épidémie. Mais les fermiers se retrouvaient fréquemment pour des rituels communs autours de lieux de cultes qu’étaient les mégalithes et les enceintes à fossés. Peut-être que la maladie se diffusait lors de ces rencontres régionales. Il est incontestable qu’une épidémie de peste ait existé dans le sud de la Scandinavie juste avant l’arrivée des Indo-Européens. De même que l’on sait qu’il y a eu un déclin des fermiers à la même époque. Est-ce qu’il y a un lien de cause à effet ou est-ce une simple coïncidence ? Impossible de conclure.
Puis entre -2 850 et -2 800, les éleveurs indo-européens débarquent dans le sud de la Scandinavie, rencontrant une population ayant décliné démographiquement en quelques siècles. Ils deviennent rapidement dominant dans la majorité de ces territoires, en particulier au Jutland, la péninsule danoise.
Comme en Europe centrale, cette domination peut avoir plusieurs causes, parmi lesquelles on retrouve le déclin démographique des autochtones. Il y a aussi la violence des gangs de jeunes Indo-Européens, la structure hiérarchique qui concentre les pouvoirs et pousse à l’expansion, la culture de l’hospitalité qui amène les tribus à avoir des réseaux très étendus, l’attrait que pouvait avoir cette culture et l’acceptation culturelle indo-européenne de faire rentrer des étrangers dans leur culture. Bref, toutes ces choses que vous connaissez maintenant, en tant que fidèles de La Dent Bleue. Et comme en Europe centrale, cette culture indo-européenne s’est diffusée principalement par migration, mais également par adoption culturelle. (Iversen, 2019; Kristiansen et al., 2017)
La culture des fermiers disparaît progressivement pour ne plus rester que dans l’est du Danemark, vers le Sjaelland. Malgré des échanges existants, on a alors une vraie frontière culturelle et probablement linguistique. Puis au bout de deux siècles, vers -2 600, cette frontière se brouille et des éléments indo-européens apparaissent au Sjaelland. Les archéologues parlent d’une créolisation de la région, une fusion culturelle. Plus tout à fait culture des vases à entonnoir, mais pas vraiment culture des tombes individuelles non plus. (Iversen & Kroonen, 2017) La culture des pêcheurs-cueilleurs, elle, demeure pendant plusieurs siècles, tout en prenant quelques influences matérielles des nouveaux-venus indo-européens.
Vers -2 350, la Scandinavie est donc très hétérogène. Les cultures indo-européennes des tombes individuelles et des haches de batailles sont globalement dominantes dans le sud de la Scandinavie, mais la culture de la céramique perforée, les chasseurs de phoques, est toujours vigoureuse, notamment sur les côtes suédoises et sur l’île de Gotland. Et la culture des vases à entonnoir, si elle n’existe plus de façon indépendante, continue à perdurer dans une culture créole à l’est du Danemark. Quand au nord de la Scandinavie, non-cultivable, il reste habité par des chasseurs-cueilleurs. On les a laissés de côté depuis très longtemps, mais on retournera leur rendre visite dans de prochains épisodes. Non, la Scandinavie n’est pas homogène culturellement vers -2 350. Mais cela va changer rapidement.
L’archéologie nous montre une homogénéisation rapide dans l’époque qui va suivre. La génétique est moins précise sur cette période, mais elle est sans appel sur une chose : les contributions génétiques des fermiers dans l’ADN des Scandinaves est mineure, environ 10% ; celle des pêcheurs-cueilleurs est quasi nulle. (Allentoft, Sikora, Fischer, et al., 2024; Allentoft, Sikora, Refoyo-Martínez, et al., 2024)
Que se passe-t-il vers -2 350 qui amènera à cette homogénéisation de la Scandinavie ? Surprise, c’est l’arrivée, encore, d’une nouvelle culture avec un nom de poterie.
Les origines de la culture campaniforme
Cette culture, qui arrive en Scandinavie vers -2 350, c’est la culture campaniforme. Ils ont été affublés de ce nom car leur poterie caractéristique a une forme de cloche renversée. D’où le nom de culture campaniforme, campana signifiant cloche en latin. Les anglophones nomment cette culture Bell Beaker, qui signifie littéralement « gobelet-cloche ». Ces poteries ont été retrouvé en différentes tailles : des vases, des pots, des gobelets, mais toujours avec cette forme plus large en haut qu’en bas. Cette culture est présente sur une aire relativement vaste en Europe occidentale, allant des actuels Lisbonne à Budapest, du nord de la Grande-Bretagne au sud de la Sicile.
Cependant, on n’a pas de continuité géographique sur toute cette zone. Il s’agit plutôt d’une mosaïque de territoires plus ou moins grands, dispersés au sein d’autres ensembles culturels. Ces territoires sont reliés culturellement, mais pas géographiquement. Il y a quand même une exception notable, qui est la Grande-Bretagne, où la culture campaniforme couvre la majeure partie du territoire. Nous reviendrons sur cette région qui a beaucoup d’importance dans l’histoire de la culture campaniforme.
Mais alors, d’où viennent-ils ces fabricants de gobelets-cloche ? Eh bien en fait… on ne sait pas. Les archéologues ont deux, voire trois théories sur l’origine de la culture campaniforme. (Mittnik et al., 2023)
La première, appelée hypothèse ibère, c’est une origine autour de l’actuelle Lisbonne, au Portugal, dans la vallée du Tage. Cette culture se serait ensuite diffusé le long des côtes atlantiques et méditerranéenne, mais aussi dans les terres, pour atteindre les îles britanniques, le sud de la France, l’Europe centrale, puis le sud de la Scandinavie. (Douglas Price, 2015, p. 175‑177) Cette hypothèse s’appuie principalement sur le fait que les décorations des poteries campaniformes en Ibérie sont plus simples que celles des poteries des autres régions et que l’on a généralement une évolution culturelle des décorations qui va du plus simple vers le plus complexe. Bon, si vous voulez mon avis, c’est un peu léger. Surtout que la fiabilité des datations au carbone-14 de ces poteries ibères est contestée.
Une autre hypothèse, appelé le modèle hollandais a challengé l’hypothèse ibère. Cette théorie place le berceau de la culture campaniforme dans les actuels Pays-Bas, dans la vallée du Rhin. Du fait d’analogie stylistiques sur les poteries, les archéologues qui défendent ce modèle suggèrent que la culture campaniforme serait issue de la culture de la céramique cordée. Eh oui, nos éleveurs indo-européens d’Europe centrale.
Mais certains défenseurs de l’hypothèse ibère ne se sont pas avoués vaincus : ils ont proposé la théorie du reflux. La culture campaniforme serait née dans la vallée du Tage, dans l’actuel Portugal, se serait développée le long de la côte atlantique jusqu’à atteindre la mer du Nord. Autour des Pays-Bas et de l’Europe centrale, elle aurait fusionné avec la culture de la céramique cordée. Et enfin, elle aurait migré à la fois vers les îles britanniques, puis le Sud, avant de revenir en Ibérie.
Bon, trois théories d’archéologues. Mais est-ce que la génétique peut nous éclairer sur ce débat, comme elle l’a fait sur l’arrivée en Europe de l’agriculture et des langues indo-européennes ? Malheureusement, cette fois-ci, la génétique n’est pas capable de trancher. Ou du moins pas encore. Mais elle nous apporte plusieurs éléments importants.

Source : Olalde, I., Brace, S., Allentoft, M. E., Armit, I., Kristiansen, K., Booth, T., Rohland, N., Mallick, S., Szécsényi-Nagy, A., Mittnik, A., Altena, E., Lipson, M., Lazaridis, I., Harper, T. K., Patterson, N., Broomandkhoshbacht, N., Diekmann, Y., Faltyskova, Z., Fernandes, D., … Reich, D. (2018). The Beaker phenomenon and the genomic transformation of northwest Europe. Nature, 555(7695), 190‑196. https://doi.org/10.1038/nature25738
Pour commencer, intéressons-nous à la part d’ADN steppique de cette culture campaniforme. C’est-à-dire que pour des individus enterrés dans un contexte de la culture campaniforme, on regarde le pourcentage d’ADN qui est représentatif des éleveurs indo-européens vivant dans la steppe pontique vers -3 000. Eh bien, cette part d’ADN steppique varie énormément selon les régions. En Europe centrale et en Grande-Bretagne, ces individus campaniformes ont entre 30 et 60% d’origine steppique. Mais en Ibérie, on est plutôt entre 0 et 30%. Et plus parlant encore : dans la vallée du Tage, vers l’actuelle Lisbonne, qui est considéré comme le berceau de la culture campaniforme dans le modèle ibère, les 5 individus dont l’ADN a été décodé ont 0% d’origine steppique. (Olalde et al., 2018)
Que peut-on conclure de ces données ? Déjà, on voit que la culture campaniforme n’est pas homogène génétiquement. Cela signifie qu’ici, culture et population ne sont pas équivalentes. Je vous propose une brève parenthèse historiographique sur ce sujet. Dans la première moitié du XXème siècle et avant, les archéologues considéraient généralement qu’une culture matérielle était équivalente à une population, une ethnie. Cette vision a été largement challengée lors de la seconde moitié du XXème siècle, dans laquelle les archéologues préféraient mettre en garde sur cette sur-simplification et mettre en avant les diffusions culturelles sans remplacement de population. Mais récemment, la génétique a apporté des réponses très claires sur certaines questions. Notamment sur la diffusion de l’agriculture et des langues indo-européennes, qui ont été portées par des migrations.
Avec la culture campaniforme, la génétique apporte des conclusions différentes et ne tranche pas les différents modèles proposés. Si on prend le modèle hollandais, qui à titre personnel me paraît le plus probable, voici le scénario que l’on peut imaginer. On part d’une population installée dans la vallée du Rhin, issue d’une migration indo-européenne des steppes. Cette population a des contacts avec la culture de la céramique cordée, qui lui est linguistiquement et culturellement proche. Elle démarre alors une deuxième vague de migrations indo-européenne vers l’Ouest, après celle de la céramique cordée. Elle migre dans plusieurs directions : [mon interprétation de (Mittnik et al., 2023; Olalde et al., 2018)]
- Massivement au Nord-Ouest, vers les îles britanniques pour y amener la culture indo-européenne et les gênes des steppes. Génétiquement, il y aura un avant et un après, car dans la période qui suit, les origines steppiques représenteront 60% des origines de la population de Grande-Bretagne. Et 90% pour ce qui est des origines paternelles, via le chromosome Y. Ce mix se poursuivra jusqu’à l’arrivée, 3000 ans plus tard… de nos fameux païens venus du Nord ;
- Depuis la vallée du Rhin, cette population de la culture campaniforme migre aussi vers l’Est en Europe centrale et dans le sud de la Scandinavie pour se mélanger avec d’autres populations indo-européennes ;
- Elle migre également en direction du Sud-Ouest, vers la France et l’Ibérie, où cette population amène pour la première fois les origines steppiques sur ce territoire, mais de façon minoritaire. Si les gènes steppiques resteront minoritaires, la culture indo-européenne s’imposera malgré tout.
En Ibérie, l’arrivée de la culture campaniforme est particulièrement intéressante pour le débat. Dans certains cimetières de la culture campaniforme, aucun individu n’a de quelconque origine steppique. Et dans d’autres, on atteint maximum 30%. Cela signifie que cette culture s’est diffusée en Ibérie par une migration réelle certes, mais surtout par adoption culturelle par les populations locales. Lors de cette adoption de la culture campaniforme, on a pu avoir une sorte de perte au feu dans le style de poterie, une forme de régression ou plutôt de simplification stylistique en Ibérie par rapport au style du Rhin plus complexe qui aurait été le style originel.
Cette arrivée de gênes steppiques dans le Sud-Ouest de l’Europe n’épargne pas non plus le Pays basque. Alors, pourquoi parler de cette région ? Pas parce que je suis fan de l’Aviron Bayonnais [« C’est la peña, c’est la peña baiona »], mais parce que le Pays basque présente une caractéristique linguistique unique en Europe. Sa langue, le basque, euskara, n’est pas une langue indo-européenne. Alors, vous allez peut-être me dire que c’est la même chose pour le hongrois ou le finnois. Certes, mais ces langues sont issues d’une migration ultérieure de population de l’Oural au sein d’un espace déjà indo-européanisé. Pour le Pays basque, c’est différent : le basque n’a pas été amené par migration. Au contraire, le basque semble avoir été là avant l’arrivée des éleveurs indo-européens. Cette langue serait donc une héritière directe et une survivante du groupe de langues parlées au néolithique européen par les fermiers originaires d’Anatolie. (Flores-Bello et al., 2021)
Mais génétiquement, et c’est là que ça devient fascinant, les Basques ont reçu autant d’apport des steppes via les Indo-Européens de la culture campaniforme que leurs voisins, à savoir environ 30%. Mais contrairement au reste de l’Europe, les fermiers locaux n’ont pas adopté la langue des nouveaux arrivants. Les femmes locales ont continué d’enseigner à leurs enfants leur langue maternelle néolithique et celle-ci a survécu à travers les siècles, se modifiant évidemment, mais gardant sa structure initiale.
Voilà, ça, c’est pour le modèle hollandais, où tout part de la vallée du Rhin. Mais le modèle du reflux n’est pas non plus incompatible avec les données génétiques. Si on insiste sur l’interprétation d’une poterie évoluant du plus simple au plus complexe, voici le scénario que l’on pourrait imaginer d’après moi. Une population non indo-européenne de fermiers néolithiques prospère dans la région de l’actuelle Lisbonne. Ceux-ci développent un style de poteries en forme de cloche : la culture campaniforme. Sachant utiliser leur position sur la côte atlantique comme avantage, ils commercent le long de cette côte par échanges maritimes jusqu’à atteindre la mer du Nord. Ici, des échanges se nouent avec des Indo-Européens autour du Rhin. Ces derniers créent une nouvelle version de la culture campaniforme, en adaptant le style de poterie aux influences céramique cordée et en y ajoutant leurs caractéristiques indo-européennes : les tombes individuelles, l’individualisme, le patriarcat très marqué, etc. Cette nouvelle population migre ensuite dans les directions déjà mentionnée dans la théorie précédente : îles britanniques, Europe de l’Est, France, Ibérie.
Les deux théories sont envisageables et les dernières études génétiques n’ont pas encore permis de donner une réponse définitive. (Mittnik et al., 2023) Mais vous avez compris que je privilégie le modèle hollandais. Ces études nous apprennent cependant (Sjögren et al., 2020) que les hommes de la culture campaniforme portaient tous le même haplogroupe du chromosome Y, le R1b, alors qu’il y avait beaucoup plus de diversités dans l’ADN mitochondrial transmis par les femmes. Cela signifie que des femmes d’autres populations rejoignaient les clans campaniformes, mais pas des hommes, ce qui est typique des sociétés patriarcales.
Pour rappel, R1b était l’haplogroupe porté par les hommes de la culture Yamnaya, alors que les éleveurs de la culture de la céramique cordée, qui avaient migré plus tôt en Europe centrale et en Scandinavie, étaient porteurs du R1a. Comme nous l’avions vu dans un épisode précédent, les hommes de la culture de la céramique cordée sont probablement issus d’une branche cousine très proche des Yamnayas. Ceux de la culture campaniforme sont eux, des descendants directs des hommes Yamnayas. On a donc à faire à deux vagues migratoires différentes issues de la steppe pontique.
Quoi qu’il en soit, ces résultats de faible diversité génétique sur l’origine masculine et forte diversité sur l’origine féminine montre que les cousins R1a comme R1b utilisaient probablement le même mode opératoire : des groupes de jeunes guerriers qui migrent, fondent une famille avec des femmes locales, dominent économiquement leur territoire avec ou sans utilisation de la violence, et font beaucoup plus d’enfants que les hommes locaux grâce à cette domination économique qui se traduit en excédents de nourriture. Ou alors, ils ont parqué les locaux dans un territoire, puis on fait un génocide sur plusieurs décennies. Mais bon, comme on l’a vu dans les épisodes précédents, on n’a aucune trace d’un tel génocide au troisième millénaire avant notre ère.
On a donc, à peu près, une idée des mouvements de cette culture campaniforme qui a pris de la place en Europe. Mais pour être plus exact, on devrait plutôt parler de phénomène campaniforme. (Johannsen, 2023) Les spécialistes trouve que le terme de phénomène est plus représentatif des grandes variétés régionales dans l’expression matérielle campaniforme, dans les divers objets. Dans ce podcast, j’utiliserai les deux termes indifféremment. Le phénomène campaniforme est principalement défini par son style de céramique très décorée en forme de cloche renversée. Ils sont également célèbres pour leurs dagues en silex et en cuivre (Douglas Price, 2015, p. 175‑177; Linden, 2024), qui donneront le nom à la période historique qui va suivre en Scandinavie. L’élevage tenait une part importante dans leur économie. On sait également que les sociétés qui portaient cette culture parlaient une forme de proto-indo-européen et était culturellement indo-européennes. Ces sociétés étaient patriarcales et hiérarchisées, comme le montrent une combinaison de preuves génétiques et archéologiques. (Mittnik et al., 2023; Sjögren et al., 2020)
Cette culture campaniforme semble donc très similaire à sa cousine de la céramique cordée, arrivée avant elle en Europe centrale et en Scandinavie. Mais il y a quand même des différences structurelles entre les deux. Le phénomène campaniforme est plus hétérogène, plus varié. Il y a de nombreuses adaptations régionales, dans des zones géographiques non continues, alors que la culture de la céramique cordée est plus homogène. Les spécialistes considèrent que le phénomène campaniforme est plus un réseau qu’une population, ou parlent parfois de métapopulation. (Linden, 2024) On a aussi vu, grâce à la génétique, que certaines populations sont pleinement intégrées au phénomène campaniforme sans avoir reçu d’apport génétique des steppes, ce qui n’avait pas été le cas pour la culture de la céramique cordée.
Ce que je trouve particulièrement intéressant avec le phénomène campaniforme, c’est qu’il montre que l’on ne peut pas simplement assimiler culture matérielle = population = langue = groupe génétiquement homogène. On le voit aux individus associés à la culture campaniforme d’Ibérie qui possèdent peu ou pas d’origine steppique, contrairement à ceux de Grande-Bretagne. On le voit avec le Pays basque où la langue est restée alors que la génétique a été modifiée. Les archéologues de la deuxième moitié du XXème siècle ont essayé de déconstruire cette association systématique entre culture matérielle et population, mais la génétique l’a plutôt renforcée. La paléogénétique cependant, peut parfois être interprétée de façon trop simplifiée et reste une discipline relativement récente, qui n’a commencé à donner des résultats probants qu’il y a un peu plus de dix ans. Le phénomène campaniforme nous rappelle qu’une culture, hier comme aujourd’hui, n’est pas un bloc homogène, monolithe et immuable dans le temps, mais un ensemble de femmes et d’hommes, d’origines plus ou moins variées, partageant des choses en commun : des habitudes, des savoir-faire, une langue, un endroit sur cette Terre.
Au fond, le phénomène campaniforme, qu’est-ce que c’est ? Ce sont des gens qui se sont déplacé en Europe et qui ont diffusé leur culture. En s’installant dans certaines régions, en commerçant, en s’intégrant avec leurs voisins ou en les dominant. Et vers -2 350, certains d’entre eux arrivent dans le sud de la Scandinavie, un coin du monde où cohabitent des pêcheurs-cueilleurs dont les ancêtres sont arrivés il y a 6 000 ans, des fermiers dont les ancêtres sont arrivés il y a 1 600 ans et des éleveurs indo-européens dont les ancêtres sont arrivés il y a 500 ans. Dis donc, on dirait que les mouvements s’accélèrent dans la région.
Quel va être l’impact de l’arrivée du phénomène campaniforme en Scandinavie ? Vous le saurez dans le prochain épisode de La Dent Bleue ! J’en profite pour passer un message aux suiveurs assidus du podcast qui l’écoutent rapidement après sa sortie. L’attente a été longue pour cet épisode. Les recherches m’ont pris beaucoup de temps et je ne voulais pas rater ce moment charnière dans l’histoire de la Scandinavie qui va progressivement nous amener vers l’Âge du bronze. Mais bonne nouvelle, les recherches sont déjà terminées pour le prochain voire les deux prochains épisodes, donc si tout se passe bien, l’attente sera plus courte.
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C’était Maxime Courtoison pour le podcast La Dent Bleue, l’histoire des vikings. Merci pour votre écoute et à bientôt !
Bibliographie
Sources principales
Allentoft, M. E., Sikora, M., Fischer, A. et al. (2024). 100 ancient genomes show repeated population turnovers in Neolithic Denmark. Nature, 625(7994), 329‑337.
Coutinho, A. et al. (2020). The Neolithic Pitted Ware culture foragers were culturally but not genetically influenced by the Battle Axe culture herders. American Journal of Physical Anthropology, 172(4), 638‑649.
Douglas Price, T. (2015). Ancient Scandinavia : An archaeological history from the first humans to the Vikings. Oxford University Press.
Flores-Bello, A. et al. (2021). Genetic origins, singularity, and heterogeneity of Basques. Current Biology, 31(10), 2167-2177.e4.
Iversen, R. (2019). On the emergence of the Corded Ware societies in Northern Europe : Reconsidering the migration hypothesis. In B. A. Olsen, T. Olander, & K. Kristiansen, Tracing the Indo-Europeans : New evidence from archaeology and historical linguistics (p. 73‑96). Oxbow Books.
Iversen, R., & Kroonen, G. (2017). Talking Neolithic : Linguistic and Archaeological Perspectives on How Indo-European Was Implemented in Southern Scandinavia. American Journal of Archaeology, 121(4), 511‑525.
Kristiansen, K. et al. (2017). Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe. Antiquity, 91(356), 334‑347.
Mittnik, A., Olalde, I., Cavazzuti, C., & Haak, W. (2023). Tracing the Bell Beaker phenomenon through ancient DNA studies. In F. Nicolis, G. Kulcsár, & V. Heyd (Éds.), The Tranformation of Europe in the Third Millenium Part I (Archeolingua, Vol. 7). HUN.
Olalde, I. et al. (2018). The Beaker phenomenon and the genomic transformation of northwest Europe. Nature, 555(7695), 190‑196.
Rascovan, N., Sjögren, K.-G., Kristiansen, K., Nielsen, R., Willerslev, E., Desnues, C., & Rasmussen, S. (2019). Emergence and Spread of Basal Lineages of Yersinia pestis during the Neolithic Decline. Cell, 176(1), 295-305.e10.
Sjögren, K.-G. et al. (2020). Kinship and social organization in Copper Age Europe. A cross-disciplinary analysis of archaeology, DNA, isotopes, and anthropology from two Bell Beaker cemeteries. PLOS ONE, 15(11), e0241278.
Sources secondaires
Allentoft, M. E., Sikora, M., Refoyo-Martínez, A. et al. (2024). Population genomics of post-glacial western Eurasia. Nature, 625(7994), 301‑311.
Fischer, A. et al. (2024). Vittrup Man–The life-history of a genetic foreigner in Neolithic Denmark. PLOS ONE, 19(2), e0297032.
Iversen, R., Philippsen, B., & Persson, P. (2021). Reconsidering the Pitted Ware chronology : A temporal fixation of the Scandinavian Neolithic hunters, fishers and gatherers. Praehistorische Zeitschrift, 96(1), 44‑88.
Johannsen, J. W. (2023). The Late Neolithic Expansion : Ancient and new traditions 2350-1700 BC. Danish Journal of Archaeology, 12(1), 1‑22.
Linden, M. V. (2024). The Bell Beaker Phenomenon in Europe : A Harmony of Difference. Elements in the Archaeology of Europe.
Malmström, H. et al. (2019). The genomic ancestry of the Scandinavian Battle Axe Culture people and their relation to the broader Corded Ware horizon. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, 286(1912), 20191528.
Crédits
- Image de couverture
Rijksmuseum van Oudheden, Leiden, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons - « Heavy Interlude » de Kevin MacLeod. Licence Creative Commons Attribution 4.0.
- Questions pour un champion, Julien Lepers
- Il jouait du piano debout (Remasterisé en 2004), France Gall, Paris, France
- Peña Baiona (Live) – Harmonie bayonnaise – Hymne de la peña Baiona



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